France

Canicule : les gestes qui protègent réellement, à la maison et au travail

Thermomètre extérieur fixé sur un mur en plein soleil
Photo : Naoag — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (fichier source).

Les épisodes de forte chaleur ne relèvent plus de l'exception estivale. Ils durent plus longtemps, touchent des régions historiquement épargnées et surviennent parfois dès le mois de juin. La bonne nouvelle, c'est que la plupart des effets graves de la chaleur sont évitables avec des gestes simples, à condition de les appliquer avant que les symptômes n'apparaissent.

Comprendre les niveaux de vigilance

Météo-France publie une carte de vigilance déclinée en quatre couleurs. Le jaune signale un épisode de chaleur nécessitant de la prudence, l'orange une canicule avérée avec des risques pour les personnes fragiles, le rouge une canicule extrême affectant l'ensemble de la population. Ces niveaux sont établis à partir de seuils de température qui varient selon les départements : 34 °C le jour à Lille n'a pas la même portée qu'à Nîmes. Un point souvent ignoré : la température nocturne pèse autant que celle de l'après-midi, car c'est la nuit que l'organisme récupère.

Rafraîchir son logement sans climatisation

La logique tient en une phrase : bloquer la chaleur le jour, l'évacuer la nuit.

  • Fermer volets, stores et rideaux dès le lever du soleil sur les façades exposées, et les garder fermés toute la journée.
  • Ouvrir en grand tôt le matin et tard le soir, en créant un courant d'air traversant entre deux ouvertures opposées.
  • Éteindre les appareils inutiles : un ordinateur, une box et un éclairage halogène chauffent une pièce plus qu'on ne le croit.
  • Éviter de cuisiner au four aux heures chaudes.
  • Suspendre un drap humide devant une fenêtre entrouverte la nuit : l'évaporation abaisse légèrement la température.

Un ventilateur ne refroidit pas l'air : il facilite l'évaporation de la sueur. Au-delà d'environ 35 °C, son usage seul devient peu efficace, voire contre-productif s'il déshydrate. Il faut alors l'associer à une humidification de la peau, par brumisation ou linge humide.

Boire, oui, mais correctement

La soif est un signal tardif, particulièrement chez les personnes âgées. L'objectif est de boire régulièrement, par petites quantités, sans attendre. L'eau reste la référence. L'alcool aggrave la déshydratation, tout comme les boissons très sucrées. En cas de transpiration abondante et prolongée, l'apport de sel via l'alimentation normale suffit généralement à compenser les pertes.

Un repère simple : une urine foncée et peu abondante indique un apport insuffisant.

Reconnaître les signes d'alerte

Deux tableaux méritent d'être distingués.

L'épuisement dû à la chaleur

Fatigue intense, maux de tête, nausées, crampes musculaires, peau moite, étourdissements. Il faut alors mettre la personne au frais, l'allonger, l'hydrater et la rafraîchir. Les symptômes régressent généralement.

Le coup de chaleur

C'est une urgence vitale. Température corporelle très élevée, peau souvent chaude et sèche, confusion, propos incohérents, agitation, voire perte de connaissance. Il faut appeler le 15 sans attendre, placer la personne à l'ombre, la déshabiller et l'asperger d'eau fraîche en attendant les secours.

Les personnes à surveiller en priorité

Les nourrissons, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques ou prenant certains traitements, les personnes isolées et les travailleurs exposés constituent les publics les plus vulnérables. Un appel quotidien à un voisin âgé pendant un épisode de canicule est une mesure de prévention modeste et remarquablement efficace. Les communes tiennent par ailleurs un registre facultatif des personnes fragiles, sur lequel il est possible de s'inscrire ou d'inscrire un proche avec son accord.

Ne jamais laisser un enfant ou un animal dans un véhicule à l'arrêt, même quelques minutes et même à l'ombre : la température intérieure grimpe très rapidement.

Travailler par forte chaleur

L'employeur a une obligation générale de sécurité qui s'applique pleinement aux épisodes de chaleur. Cela se traduit notamment par la mise à disposition d'eau potable fraîche, l'aménagement des postes et des horaires, l'augmentation des pauses, la limitation du travail isolé et l'adaptation des tâches physiques les plus exposées. Le document unique d'évaluation des risques doit intégrer ce risque.

Un salarié qui estime être exposé à un danger grave et imminent dispose d'un droit d'alerte et de retrait. Les représentants du personnel et le service de prévention et de santé au travail sont les interlocuteurs à mobiliser.

Les erreurs fréquentes

  • Prendre une douche glacée : le choc thermique provoque une vasoconstriction qui ralentit l'évacuation de la chaleur. Une douche tiède est préférable.
  • Faire du sport aux heures chaudes, même « en y allant doucement ».
  • Régler une climatisation à une température très basse, source d'inconfort et de consommation inutile. Un écart de 5 à 7 °C avec l'extérieur suffit.
  • Interrompre un traitement médical de sa propre initiative : c'est au médecin ou au pharmacien d'évaluer une éventuelle adaptation.

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